Stages de Sylvothérapie et Yoga

Corine Moriou

PROFESSEURE DE YOGA – SYLVOTHÉRAPEUTE – CONFÉRENCIERE

Se ressourcer dans les bras des arbres

L’autosuggestion positive, un outil puissant

Corine Moriou Sylvo Yoga

La pensée positive prônée par Emile Coué au siècle dernier n’a pas pris une ride. Bien au contraire, la fameuse « méthode Coué » vit une deuxième jeunesse.

Il y a plus de 2.500 ans, Bouddha disait : « Nous sommes ce que nous pensons. Tout résulte de nos pensées. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde ». Qui pourrait en douter ? La pensée positive est un outil puissant pour réussir notre vie. Né il y a 150 ans, Emile Coué, un pharmacien, est le pionnier de ce courant de pensée. Il découvre l’hypnose – un an avant Freud qui le boudait – auprès d’un médecin nancéen, Ambroise-Auguste Liébault, ainsi que les travaux du professeur Hippolyte Bernheim. A partir de ses observations, il met au point une méthode d’autosuggestion résumée par une petite phrase « Tous les jours à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » Simple, pratique, facile à mettre en œuvre, elle a été longtemps tournée en dérision. Dans le contexte culturel matérialiste et cartésien typiquement français, elle est même devenue le synonyme d’une attitude velléitaire, d’une illusion sans fondement réel, vouée inévitablement à l’échec. Pourtant, répétée 20 fois par jour, elle peut faire des miracles.

Coué, une star internationale

Aux Etats-Unis, en Allemagne, en Russie, Coué est une star ! Il influence de nouvelles techniques comme la PNL, l’analyse transactionnelle, la sophrologie. En France, Emile Coué est le mal-aimé. Pourtant, il n’a jamais prôné le vieil adage gaulois « Quand on veut, on peut ». Pour sa démonstration, il choisit l’exemple suivant : Tout le monde est capable de marcher d’un bout à l’autre d’une planche posée sur le sol. En revanche, si cette planche est placée entre deux tours d’une cathédrale, personne n’ose marcher dessus. Pourquoi ? Parce qu’on imagine que l’on va tomber. Peu importe la volonté, l’image du danger est plus forte. « Emile Coué a mis en évidence que l’imagination est plus forte que la volonté. Lorsque la volonté et l’imagination sont en accord, elles font plus que s’ajouter, elles se multiplient », souligne Luc Teyssier d’Orfeuil, ancien comédien devenu coach et formateur. Fervent admirateur de ce grand homme qu’il estime insuffisamment reconnu, il a conçu deux sites, écrit des livres et organisé des colloques d’envergure internationale dédiés au vieil homme à la barbichette.

Autosuggestion, visualisation, loi de l’attraction

Selon Emile Coué « l’autosuggestion, c’est s’implanter une idée en soi-même par soi-même. » Il considérait que les pensées pouvaient avoir un réel impact sur l’état physique et psychique d’une personne. Aujourd’hui, sa thèse est confirmée puisque l’on connaît l’importance de l’effet placebo dans un traitement médical.

Inventeur de la sophrologie en 1960, le Docteur Alfonso Caycedo, neuropsychiatre espagnol, reconnaît s’être inspiré du yoga, du zen … et des travaux d’Emile Coué pour mettre au point sa méthode. Parmi les techniques utilisées –notamment la suggestion, l’autosuggestion et la visualisation – il reprend la pensée positive. « Le cerveau est un muscle. Il faut s’en servir pour se libérer de ses émotions négatives et changer ses croyances limitantes », assure Karine Cohen, praticienne en EFT (emotional freedom techniques), une technique de libération émotionnelle qui fait la part belle à l’autosuggestion à travers les mots et la visualisation positive.

Le livre « Le secret » de Rhonda Byrne, traduit en 50 langues s’est vendu à 24 millions d’exemplaires. Pourquoi un tel succès éditorial ? L’auteure a mis en lumière la loi de l’attraction. Le principe ? Nous attirons dans notre vie ce que nous pensons. Si nous pensons « positif », nous obtenons ce que nous désirons : l’argent, l’amour, la santé…  Nous avons « attiré » la chance. En fait, Rhonda Byrne n’a rien inventé. Elle s’est inspirée du courant de pensée positive, né en France au XIX ème siècle, grâce à Emile Coué et l’a mis au goût du rêve américain. La méthode Coué peut-elle être adoptée par les personnes en quête de spiritualité ? « On peut créer sa propre formule, suggère Luc Teyssier d’Orfeuil. Par exemple : « Tous les jours, j’ai plaisir à pratiquer le yoga et je vais de mieux en mieux à tous points de vue » !

Les cinq grands principes d’Emile Coué

1) Une pensée, bonne ou mauvaise, que nous avons en tête est pour nous la réalité, et a tendance à se réaliser

2) La première faculté de l’homme est l’imagination

3) Quand il y a lutte entre l’imagination et la volonté, l’imagination l’emporte toujours sans aucune exception

4) Lorsque la volonté et l’imagination sont en accord, elles font plus que s’ajouter, elles se multiplient

5) L’imagination peut être menée à bien

« Grâce à la méthode Coué, j’ai la vie dont je rêvais »

Le matin, Catherine Malpas, naturopathe à Paris, répète vingt fois à haute voix la célèbre formule « Tous les jours à tous points de vue je vais de mieux en mieux » en faisant défiler les 20 perles de son chapelet lorsqu’elle se rend à pied sur son lieu de travail. « On me prend pour une musulmane ! », s’amuse la quinqua blonde. Le soir, même opération sur le trajet du retour. A 50 ans, Catherine a réalisé son rêve : elle s’est installé en tant que naturopathe et son cabinet ne désemplit pas. Après 21 ans de mariage, cette maman de deux grands garçons a divorcé et a emménagé dans un appartement lumineux pour profiter pleinement de sa vie de célibataire. « Coué est le meilleur coach qui existe ! », se réjouit-elle.

Le Sankalpa, la pensée de lumière

Un Sankalpa, l’intention en sanskrit, est la formulation d’une résolution positive, d’une pensée noble que l’on se crée soi-même. En général, on y recourt lors d’une séance de yoga nidra (relaxation yogique profonde) lorsque la conscience oscille entre la veille et le sommeil. On répète mentalement trois fois son Sankalpa en début et en fin de séance. Pas question de faire une demande du type « Je veux une belle maison » ou « Je désire un job bien payé ». « Sankalpa est un désir profond qui affleure à votre conscience comme une évidence. C’est parfois le travail de toute une vie de trouver un Sankalpa adapté au sens de votre existence, mais vous pouvez avoir des objectifs plus modestes », explique Françoise Galan, professeure de yoga à Paris. On formule une qualité que l’on souhaite développer en une formule courte, concrète, exprimée au présent, de manière positive, sans négation. Par exemple : « Je suis en bonne santé physique et mentale », une formule qui peut sembler « passe-partout », mais qui se révèle très puissante. La graine déposée dans le subconscient va mûrir jusqu’à modeler votre vie. De plus, un Sankalpa est positif pour vous, mais aussi pour les autres. Il apporte de la joie et du contentement. Il se verbalise mentalement. Surtout, ne demandez pas à votre maître quel est son Sankalpa, car celui-ci est le secret de chacun ! On peut aussi en faire usage au moment de s’endormir et de se réveiller, sans attendre la prochaine séance de yoga nidra. Alors pourquoi s’en priver ?

Pour en savoir plus

www.methodecoue.com

www.autosuggestion.fr

Emile Coué, La méthode Coué, Leduc.